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La fin de l’enfance correspond à une prise de conscience de la part de chaque individu. Ce tournant est marqué par l’abandon temporaire de la maison natale et du foyer familial. Ce moment est défini le Grand abandon, en titanien Whegén dhekégvés.

L’adolescence constitue l’un des principaux moments de la vie. Au cours de cette période, tous les Titaniens et les Titaniennes sont confrontés à un processus de changement, dont la portée a des répercussions capitales.

Description Modifier

Les adolescents quittent leur maison natale dans le but de connaître le monde autour d’eux et pour s’ouvrir à de nouvelles expériences qui leur permettront de grandir et de devenir des adultes. Leurs parents ne s’opposent pas à ce départ, au contraire, ils le considèrent comme une étape de leur développement, car il représente le moment principal du processus d’épanouissement de leur enfant. Ils ont fourni à leurs enfants les bases des connaissances nécessaires pendant les années précédentes, il est or temps qu’ils/elles prennent possession de leur vie. Ce processus se traduit surtout par des voyages non planifiés et sans compagnie, où l’on suit essentiellement ce que l’âme suggère.

La période du grand abandon permet à chacun de créer les bases psychologiques pour l’avenir : non seulement en effet ont lieu des apprentissages fondamentaux, tels que le Themshin et des activités pratiques (métiers), mais le but de ces mois ou années est pour chacun surtout celui d’apprendre à trouver son équilibre et à construire ses bases pour faire face aux défis de l’âge adulte.

Kevshinvér Modifier

Tôt ou tard, les voyages suivant le grand abandon mènent dans un monastère, appelé en titanien Nëshàrvér. Ce sont des lieux habités par des maîtres et des maîtresses, respectivement appelés Henrhantèrè (masculin) et Henrnëntèrè ou Henrshèklitèmér (féminin), offrant à qui le désire de partager leurs opinions, leurs capacités et leurs expériences. Les maîtres et des maîtresses s’habillent en noir et blanc (pantalons abondants noirs et shmànvér blanc pour les hommes, pour les filles une jupe longue noire). Lorsqu’un maître ou une maîtresse décide de rester dans un monastère pendant toute sa vie, il/elle devient un moine (Mùnàh), dont plusieurs vivent également en isolement dans les hauts-plateaux ou dans les Monts des Lions. Dans les Monts des lions vivent plusieurs moines solitaires qui se dédient entre autres à la récolte et à la distribution du miel. Cette activité d’enseignement et d’apprentissage réciproque est définie Kevshinvér[1], et l’art principal que les résidents s’imposent d’apprendre à tous ceux qui s’arrêtent est le Themshin, l’art de connaître soi-même.

Cette période d’apprentissage ne se limite toutefois pas à elle-même, et sa durée peut varier selon la volonté de chacun. Il arrive parfois que quelqu’un décide de s’arrêter dans un monastère pendant une longue période, voire pendant toute la vie, devenant ainsi un résident[2]. Mais pour la plupart des jeunes, la permanence dans un monastère ne constitue qu’une étape de l’adolescence.

Kèlùshvém Modifier

Pour ce qui concerne le monastère de Twàrim, sa renommée est liée à l’apprentissage particulier reçu par certains disciples qui le fréquentent. À Twàrim est conservé depuis toujours le secret des pratiques du Kèlùshvém, traduit par l’expression « secret de Twàrim ». Ces pratiques emmènent les disciples à travers un parcours très difficile, de réflexion profonde, qui impose le choix du silence permanent.
Très peu de gens décident de l’entreprendre, puisqu’il comporte un détachement de la société collective, en faveur d’une vie solitaire et silencieuse. Il faut noter sur ce point que ces aspects ne sont pas imposés, au contraire, la seule règle est représentée par un refus de la vie collective, ce qui constitue un choix très difficile pour un Titanien, contraire au principe de la société unifiée, au bénéfice d’une réflexion extrêmement profonde aboutissant à un statut de paix intérieur idéale. Ces quelques éléments évoqués jusqu’ici ne sont que des traits superficiels, les vraies caractéristiques demeurant un secret pour ceux qui choisissent d’entreprendre sérieusement ce parcours.

Les disciples du secret, dénommés en titanien Làkshantèrè o Làksshèklitèmér (Làksnëntèrè pour les femmes adultes) respectivement selon leur sexe, peuvent être reconnus très facilement par le fait que leur choix s’accompagne d’un vêtement particulier : ils s’habillent avec des couleurs sombres, souvent entièrement en noir, avec un shmànvér et des pantalons abondants[3].

Animal protecteur Modifier

De même, la plupart des Titaniens et des Titaniennes choisissent leur animal protecteur, ou confirment celui que leurs parents lui ont indiqué. Cette entité bénéfique va les accompagner spirituellement pour toute la vie. La traduction de « protecteur » ne rend pas l'expression titanienne Tigmvùr vapshvénm, c'est-à-dire « dessin de la force », entendu comme un signe qui donne la force et alimente le Nàlishtém, la « source universelle de la vie ».

Une image stylisée de cet animal est tatouée, avec une technique nommé Kàdhén tigmvùr.

Hemdeshvér Modifier

La fin de la période du Grand abandon est marquée très souvent par la première capture d’un animal pour l’alimentation, ou en général par un événement symbolisant une prise de conscience de soi-même, de ses vertus et de ses limites, et surtout de son statut acquis d’indépendance. Un bain dans la grande cascade du Hiksér ou dans celle de de Jàlùsh, ou bien un saut des falaises estaniennes, l’ascension d’un mont, la traversée à la nage du Golfe des Étoiles ou d’un trait de la côte estanienne près des falaises, ou n’importe quel autre geste libératoire d’union avec la nature marque enfin le moment du Hemdeshvér (l’« Ouverture »), lorsque un individu comprend qu’il est prêt pour continuer sa vie, pour faire face aux difficultés et pour accueillir les joies que la vie lui proposera. Il/elle est devenu(e) un individu adulte.

Lors du Hemdeshvér, les amis de la personne lui font cadeau d’un bracelet appelé Hamèshik hékstè whuménf tigvùrdn, c’est-à-dire le « bracelet des bons signes » ou « des bons rêves »[4], en cuir ou en tissu, avec un symbole qui a un signifié particulier, comme bon souhait pour sa vie autonome et indépendante. La personne est censée le porter toujours.   Voici des exemples de bracelets des bons signes :

Bien entendu, l’événement de la fin du Grand abandon ne constitue pas un aboutissement en soi, au contraire, il ne représente qu’un tournant, sans doute le plus importants de la vie, en tant que passage vers l’âge adulte, l’âge de la responsabilité. Comme on lit dans le récit Dhirëpvér humékst mëtkvénd (« Récit d’une naissance »)[5], « L’apprentissage ne commence pas maintenant, mais au moment où le premier embryon (Sradhvér weshvésn[6]) se forme, et il dure pendant toute la vie ».

Lors du Hemdeshvér, la plupart des adolescents changent, ou confirment, le prénom qui leur a été donné lors de leur naissance.
Chacun peut choisir de changer son Dùshtivém, s’il/elle estime qu’il ne correspond pas à son identité.

Notes et références Modifier

  1. Ce mot est composé par les racines de l’adjectif kevshén et du substantif shinrvùr, signifiant respectivement « bien fait » et « temps ».
  2. Il deviendra ainsi un simple résident, un(e) maître/-sse ou un/une moine.
  3. Il faut noter que le costume titanien ne couvre presque jamais les jambes.
  4. En titanien le mot Tigvùr signifie aussi bien « signe », « indication » que « rêve ».
  5. Il fait partie du Livre des récits, le premier livre du Livre de la mémoire.
  6. Expression signifiant litt. « étincelle de vie », où weshvés indique à la fois le « feu » et la « vie », d’où la façon dont les Jeunes étincelles sont dénommées.

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